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LES VRAIS PARADIS SONT CEUX QU'ON A PERDUS

14 Avril 2014 , Rédigé par Vanille LN

LES VRAIS PARADIS SONT CEUX QU'ON A PERDUS

"Au tournant des années 80, un jeune homme découvre la vie dans une discothèque. Cet ancien théâtre, transformé en temple de la disco, il va en faire un fabuleux terrain de jeu, de séduction et d’expérimentation. Chaque soir, il part se perdre dans un labyrinthe hédoniste qui ouvre grand sur l’imaginaire. Dans le sillage du narrateur, Les Vrais Paradis restitue un moment de grâce, sorte de Movida française, évoquée ainsi par Gilles Châtelet : «Décidément, qui n’aura pas connu la fin des années 70 n’aura pas connu la douceur de vivre, ce frisson d’escarpolette où l’Histoire balance entre un Ancien Régime et les fracas d’une Révolution.» Suit le moment charnière où le jeune homme assiste au basculement d’un monde et à la naissance du nôtre. Tour à tour initiatique puis crépusculaire, ce roman marque le passage de l’adolescence à la jeunesse, d’un milieu à un autre, des couloirs aux coulisses, du music-hall au cirque, de la fête au drame. C’est l’entrée des artistes, des masques, des drogues, des fantômes. Les Vrais Paradis est aussi un salut au vieux Paris, celui de Baudelaire et de Lautréamont, des surréalistes et d’Alain Pacadis, d’Édith Piaf, de Coluche."

Ce roman atypique à l'univers singulier est doté d'une puissance évocatrice rare, de celles qui vous transportent dans le temps et l'espace, dans un ailleurs et un passé enfuis. Pour ceux qui ont vécu ce moment – quelques années évoquées, entre 1979 et 1984 mais en réalité toute une époque... – ce livre sera celui de la plongée dans les souvenirs, entre nostalgie et réminiscences. Pour les autres, ce sera soit l'incompréhension absolue, soit la découverte de l'inconnu, à condition de se laisser emporter, plonger dans ce monde essentiellement nocturne, où règnent alcool, sexe et drogues, où se multiplient les rencontres improbables, l'inattendu, les expériences de toutes sortes, dans une inconscience et une liberté qui semblent aujourd'hui surréalistes... Pas d'hymne au bonheur, cependant, bien au contraire. Le narrateur semble exclu de la bulle de béatitude qui entoure ses contemporains. "J'étais seul et à qui me voulait"... avoue-t-il. Les moments d'extase et de plaisir sont aussi brefs qu'intenses, la jouissance n'existe que dans l'instant. Il profite – plus tard, il sera trop tard, tout sera fini. Paradoxalement, il ne semble pas être un homme de souvenirs, plutôt un homme de l'immédiat, de l'oubli comme une facilité. Il n'a pas dû être aisé pour l'auteur de faire revivre ces lieux et ces personnages fantômes – c'est même un exercice plutôt périlleux et douloureux sans doute, mais qu'il réussit par un style détaillé et une écriture labyrinthique, parfois confuse à l'image des situations décrites, mais qui rendent vivant un passé disparu dans lequel le lecteur est transporté, invité à se perdre, comme le narrateur, dans les multiples "tiroirs à secrets" qu'il recèle...

LES VRAIS PARADIS SONT CEUX QU'ON A PERDUS
Né en 1961, diplômé de Science Po Paris en 1986, écrivain de longue date, François Jonquet est critique d'art (Responsable des pages Arts Plastiques pour Nova magazine entre 1997 et 2004, il collabore à Artpress depuis 2005 ), critique de cinéma (Quotidien de Paris, Globe-Hebdo, Télérama, L'événement du Jeudi), essayiste, romancier.

Ses premiers écrits sont des biographies. Il publie en 2001 une biographie de Jenny Bel'Air, figure mythique des nuits parisiennes (Pauvert). Son ouvrage consacré aux artistes contemporains britanniques Gilbert & George (Denoël, 2004 et Phaidon, 2005), connaît un succès international.

En 2005 il écrit un documentaire, Les Années Palace, diffusé sur France 5 et Arte. En 2006, il publie un roman remarqué Et me voici vivant et, en avril 2008, «Daniel, la dernière année de Daniel Emilfork», une biographie de son ami l’acteur Daniel Emilfork.

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