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IL Y A TELLEMENT DE MORTS LÀ-BAS...

7 Décembre 2014 , Rédigé par Vanille LN

IL Y A TELLEMENT DE MORTS LÀ-BAS...
"Ladydi, quatorze ans, est née dans un monde où il ne fait pas bon être une fille. Dans les montagnes du Guerrero au Mexique, les femmes doivent apprendre à se débrouiller seules, car les hommes ont les uns après les autres quitté cette région pour une vie meilleure. Les barons de la drogue y règnent sans partage. Les mères déguisent leurs filles en garçons ou les enlaidissent pour leur éviter de tomber dans les griffes des cartels qui les « volent ». Et lorsque les 4X4 patrouillent dans les villages, Ladydi et ses amies se cachent dans des trous creusés dans les arrière-cours, pareilles à des animaux qui détalent pour se mettre en sécurité. Alors que la mère de Ladydi attend en vain le retour de son mari, la jeune fille et ses amies rêvent à un avenir plein de promesses, qui ne serait pas uniquement affaire de survie." 

Elles s'appellent Paula, Maria, Estefani et Ladydi. Elles sont adolescentes et habitent dans un petit village perché dans les montagnes du Guerrero, au sud du Mexique, un "trou-perdu-et-oublié-de-Dieu-et-aussi-chaud-que-l'enfer". Tous les hommes sont partis vers le nord, attirés par les promesses de vie meilleure aux Etats-Unis, de l'autre côté du Rio Grande. «Sur nos montagnes il n’y avait pas d’hommes. C’était comme vivre dans un endroit sans arbre. (…) Nos hommes traversaient la rivière jusqu’aux Etats-Unis. Ils trempaient leurs pieds dans l’eau, puis entraient dedans jusqu’à la taille, mais ils étaient morts lorsqu’ils arrivaient de l’autre côté. Dans cette rivière, ils se défaisaient de leur femme et de leurs enfants et entraient dans le grand cimetière américain.»

Plus d'hommes au village, cela veut dire plus personne pour protéger les femmes et les filles des criminels, des trafiquants. Il faut alors trouver d'autres stratégies, faire passer les filles pour des garçons – tant que cela est possible – puis les enlaidir afin d'éviter qu'elles ne soit enlevées et revendues sur le marché noir, on creuse des trous dans la terre pour que les jeunes filles puissent s'y terrer à la moindre menace.

Dans son deuxième roman, Jennifer Clement invite le lecteur dans la vie quotidienne de cette communauté de femme, aux côtés de Ladydi dont le destin semble déjà tout tracé et irrémédiablement appelé à basculer dans l'horreur. "Il y a tellement de morts là-bas qu'on ne les retrouvera jamais vivants"...

Dans un décor désolé, sur fond de trafic de drogues, d'enlèvements, de meurtres, de mensonges, ce roman dur, violent, âpre, tente d'entraîner le lecteur dans son atmosphère pesante et singulière sans y parvenir vraiment. On peine à s'attacher aux personnages et à s'intéresser à leur destin, malgré le réalisme du récit. Sans doute leur manque-t-il un peu de psychologie et de profondeur pour nous bouleverser et nous emporter dans leur histoire...

IL Y A TELLEMENT DE MORTS LÀ-BAS...
Née en 1960 à Greenwich dans le Connecticut, Jennifer CLEMENT est un écrivain américain vivant au Mexique. Son pays d'adoption sert d'ailleurs de décor à son roman Prières pour celles qui furent volées (Prayers for the Stolen), ouvrage pour lequel elle a reçu une bourse en littérature du National Endowment for the Arts en 2012.

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