Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

IN MEDIA RES

7 Juillet 2016 , Rédigé par Vanille LN

IN MEDIA RES
Marguerite a un mec mais pas de libido, une mère mais plus de père, et rêve d’une vie de famille. Lorsqu’on lui propose d’aider un ancien président de la République à rédiger ses mémoires, elle accepte – elle ne sait pas dire non. Alors, sa réalité et la réalité prennent leurs distances, peu aidées par l’irruption d’un flic qui enquête en secret sur les liens entre une trentaine d’assassinats politiques.

Il est des écrivains qui, pour parler de leur époque, se voient obligés de convoquer l'Histoire ou d'inventer des uchronies, d'être grandiloquents et pontifiants. Et puis, il y a les intrépides qui se confrontent au réel contemporain sans ambages et sans artifices.

Erwan Larher appartient sans aucun doute à la seconde catégorie, lui qui, livre après livre, nous offre une vision de notre monde aussi lucide qu'impertinente.

Dans Marguerite n'aime pas ses fesses, il est question, entre autres, de politique, de jeux vidéos, de sexe (et même de cul), de complots et de faux-semblants. On y croise des personnages que n'aurait pas dédaigné La Bruyère s'il avait rédigé ses Caractères au XXIème siècle tant ils sont emblématiques de notre société dans ce qu'elle a de moins reluisant. Les pires travers de notre siècle (et de la fin du précédent grâce à des politiques dont on reconnaitra aisément quelques traits…) sont pointés d'une plume aussi incisive qu'inventive, dans un style original et percutant. Quant à l'histoire, elle ne saurait se résumer en quelques lignes, tant le roman est construit sur une mosaïque de scènes qui s'imbriquent et se font écho, les personnages étant tous étroitement (intimement) liés. On dira juste que, la fiction rejoignant le réel - à moins que ce ne soit l'inverse - politique et sexe sont étroitement mêlés...

Si le récit, en première lecture, peut apparaître désordonné à qui n'est pas habitué, la cohérence du propos est pourtant toujours bien là, en filigrane, tout au long de ce roman, tout à la fois polar palpitant et fable contemporaine, sans concession, politiquement incorrect et par là-même tellement jubilatoire. Et si le vocabulaire est souvent cru, brutal, parfois carrément trash, il n'en est pas moins extrêmement soigné, choisi et précis. Sans oublier l'humour, caustique et omniprésent, et le style, singulier et efficace, qui rendent addictive et réjouissante la lecture de ce roman tout à la fois sombre et léger, piquant et sensible, chaotique et adroit.

Vous l'aurez compris, une fois que vous aurez commencé ce livre, vous ne lâcherez plus (et ce ne sera peut-être pas pour lui déplaire…) les fesses de Marguerite.

Extraits : 

"Aymeric dit que vieux, c'est comme con, valable seulement pour les autres, à la différence que vieux, on finit toujours par s'apercevoir qu'on l'est."

"Heureusement, Jonas n'a jamais lu son blog. Elle y traque la facilité et la désinvolture, les récits sans imagination, les auteurs qui laissent croire qu'il suffit de faire vibrer la corde sensible pour élaborer un bon roman. Elle oppose ce qui transporte, embarque, ce qui donne et partage à ce qui endort et lénifie. Elle n'hésite pas à éreinter, aussi ne lui a-t-on jamais - contrairement à d'autres blogueuses plus gentilles qu'elle - proposé de recevoir les romans à titre gracieux, de rencontrer les auteurs, d'avoir une chronique à la télé, une pastille radio, et aucun grand média ne lui a proposé d'héberger son site."  
IN MEDIA RES

BIO DE L'AUTEUR PAR LUI-MÊME

De sources sûres, Erwan Larher serait né dans le centre de la France – hasard d’une affectation militaire paternelle. Enfant, son anniversaire est toujours tombé au beau milieu des vacances d’été, ce qui explique peut-être la colère qui sourd en lui. Aujourd’hui, il a toujours la même date de naissance, mais il écrit.

Il écrit, aime-t-il à répéter, pour changer le monde, même s’il sait la démarche désuète et, semble-t-il, vouée à l’échec. Il écrit, se plaît-il également à expliquer (rabâcher ?), parce qu’il faut transmettre et partager, interroger l’humain et la société, sans relâche, exigeant.
Pour les amateurs de faits précis, notons qu’à 14 ans, il commence son premier roman, à la main et dans un cahier Calligraphie marron. Aujourd’hui, il écrit toujours à la main.
À cette période, il écrit également des poèmes, exutoires à des amours décevantes et/ou complexes, comme il est de rigueur de les vivre au crépuscule de l’adolescence.
À 21 ans, il ose envoyer son quatrième roman à quelques éditeurs ; il récolte des avis encourageants (dont celui de Jean-Marc Roberts) puis fait, quelques années plus tard et sans relation de cause à effet, fructifier ses longues études en occupant une position enviable dans l’industrie musicale. Il écrit alors la nuit, ce qui n’est pas toléré avec la même souplesse par toutes ses petites amies.
Un jour, suite à ce qui pourrait ressembler à une crise de la trentaine, il quitte le monde coruscant du marketing musical afin de pouvoir redoubler d’écriture, mais continue à écouter du rock avec plein de guitare dedans, à écrire des paroles de chansons, des séries TV et à jouer au squash.
Il n’y a pas tous les jours du beurre dans les épinards mais finalement travail et persévérance aboutissent à la publication de Qu’avez-vous fait de moi ? en août 2010 par Michalon Éditions.
Depuis, il passe encore plus de temps à écrire (son sixième roman est en cours), gagne encore moins d’argent mais claque la bise à Philippe Jaenada ou Julia Deck, ce qui n’a pas de prix.

En application de la maxime de La Rochefoucauld selon laquelle "qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit", et en sus de l'écriture de ses romans, Erwan Larher s'est lancé dans un projet à son image, c'est-à-dire génial et dingue : la restauration d'un ancien logis poitevin du XVème siècle pour le transformer en résidence d'écrivain.
Pour participer à cette magnifique aventure et parrainer, au choix, quelques pierres, quelques ardoises ou quelques tuyaux, et voir votre nom de mécène apposé pour la postérité sur une stèle spécialement prévue à cet effet, il vous suffit d'aller sur le site ci-dessous et de faire votre don :

Merci à Quidam Editeur et au site Babelio qui m'ont permis, grâce à l'opération Masse Critique, de lire ce livre qui "transporte, embarque, donne et partage", facilitant ainsi grandement mon travail de blogueuse...

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article