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LIKE A ROLLING STONE

31 Juillet 2013 , Rédigé par Vanille LN

LIKE A ROLLING STONE

On le savait poète, on l'aime musicien, il est une légende de la Folk Music. Et grâce à ses "Chroniques", on le découvre, avec bonheur et admiration, talentueux écrivain. Si d'aucuns ont prétendu qu'il n'aurait pas écrit cette autobiographie lui-même, la structure, la composition du livre viennent contredire cette rumeur stupide nourrie de préjugés sans fondement. Car Dylan est la preuve que ce n'est pas parce qu'on est un génial musicien qu'on ne peut pas aussi être un bon écrivain.
Le livre s'ouvre sur l'année 1961, lorsque le jeune Dylan, qui s'appelait encore Robert Zimmerman, âgé de 20 ans, quitte son Minnesota natal pour débarquer à New York, plus précisément à Greenwich Village avec le désir de jouer avec tous les grands de la folk-music. Mais avant de vivre de la musique et de tutoyer le succès, il doit d'abord affronter le froid hivernal, la galère des squats, l'alternance de doutes et de certitudes jusqu'à ce qu'il rencontre, enfin, les personnes qui lui feront signer ses premiers albums. Le récit bondit ensuite à la fin des sixties - l'époque du doute, à nouveau - puis en 1987, année marquante de la rencontre avec le producteur Daniel Lanois et de l'enregistrement de "Oh Mercy". Le dernier chapitre revient aux années 1960 puis évoque l'enfance du jeune Robert Zimmerman, fils d'un comptable de la Standard Oil.
Aucun pathos, aucune nostalgie. Dylan se raconte avec une distance parfois teintée d'humour, parfois rageuse, mal à l'aise, agacé par les honneurs et les fanatiques qui veulent faire de lui "l'expression authentique de la conscience perturbée et inquiète de la jeune Amérique" ou un prophète.
Après un premier accident de moto, il se réfugie à Woodstock, espérant échapper au mythe qui l'a sacré "Frère aîné de la rébellion, Pape de la contestation, Tsar de la dissidence, Leader des écornifleurs"... Cela le dérange au point qu'il envisage même un temps de tout plaquer pour recommencer une autre vie. Heureusement, il n'en a rien fait et continue aujourd'hui, à plus de 70 ans, de faire vivre de façon unique la folk music...

Cette autobiographie est également une sorte de roman d'apprentissage plein de vie. Dylan a la chance de croiser dans les clubs où il se produit des personnages tels que Woody Allen, Lenny Bruce, Karen Dalton, Dave Van Ronk, Harry Belafonte. C'est aussi un très grand et éclectique lecteur de Dostoïevski, Tchekhov, Balzac, Clausewitz, Homère, Thucydide. Il fréquente les musées pour admirer Picasso, Rubens, Goya, Red Grooms. Dylan a soif de savoir, de culture. Fasciné par Woody Guthrie, il se rend néanmoins conscience que cette folk music qui l'a nourri, qui l'a inspiré est désormais dépassée, qu'il lui faut évoluer pour lui donner une autre dimension, un autre son, une autre dynamique.
Ces "Chroniques" sont aussi celles de la musique populaire américaine du XXe siècle. En bon compositeur, Bob Dylan réunit Thelonious Monk, Rickie Nelson, Joan Baez et les Beatles pour retranscrire la musique de sa vie.
C'est riche, passionnant, vibrant, vivant, musical et littéraire. C'est le Tome 1. On attend avec impatience les suivants.

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"Vivre est une prière que seul l'amour d'une femme peut exaucer"...

31 Juillet 2013 , Rédigé par Vanille LN

"Vivre est une prière que seul l'amour d'une femme peut exaucer"...

À la veille de ses soixante ans, Richard sent la déprime le gagner. Sa femme Evelyn l’a quitté douze mois plus tôt, Manhattan l’ennuie, son travail aussi. Il décide de tout abandonner pour couler des jours tranquilles à Key West, dans une maison de retraite de luxe. C’est compter sans Zoé, la jeune nièce de son nouvel ami John-John, dont Richard tombe brutalement amoureux. À vingt-deux ans, elle est insatiable, drôle, insaisissable, joyeuse. Ils quittent rapidement Key West pour une traversée burlesque des États-Unis, durant laquelle se révèlent les antagonismes de ce couple bizarrement assorti. Pendant les haltes du voyage, quand Zoé n’épuise pas Richard par une libido volcanique, le sexagénaire appelle son psychanalyste. Bien qu’il soit athée, il invoquerait presque Dieu pour comprendre ce qui lui arrive…


L'épigraphe de ce premier livre d'Antonia Kerr est extraite du roman de Romain Gary, "Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable", roman du vieillissement physique de l'homme, de sa libido verte, et de sa croyance toujours juvénile en l'amour : "Vivre est une prière que seul l'amour d'une femme peut exaucer." La jeune auteure n'aurait pu mieux trouver pour ouvrir son roman...
Trader new-yorkais proche de la retraite, Richard voit sa vie bouleversée en quelques semaines. Séparé de sa femme un an auparavant, il se retrouve seul dans une ville et un travail qui l'ennuient. Hésitant à céder à sa bougeotte naturelle pour fuir cette vie, il se décide finalement de tout abandonner pour s'installer dans un village de retraités médicalisé à Key West, en Floride. Ne souhaitant pas voyager seul, il trouve un compagnon de route par une petite annonce, John-John, un peintre noir au chômage. Lors d'une escale dans la famille de ce dernier, Richard tombe éperdument amoureux de Zoé, la nièce de John-John. Et cette beauté volcanique et insolente de 22 ans prend la route avec Richard pour un road-trip à travers les États-Unis. Entre dinners surchargés, motels miteux et escapades en amoureux, Richard va rapidement être tourmenté par les affres de la passion avec une fille de 40 ans de moins que lui...
Mené sur un rythme endiablé de salsa, ce roman haut en couleurs révèle chez Antonia Kerr un style frais et piquant. La jeune auteure laisse libre cours à une fantaisie débridée, néanmoins nourrie d'une solide culture littéraire. Hommage assumé à Nabokov, à Hemingway et à toute la Beat generation, "Des fleurs pour Zoé" réunit un improbable duo digne d'un roman de Philip Roth - on notera d'ailleurs que la jeune fille dévore l'un de ses livres, entre deux lampées de Jim Bead. Cependant, si Richard partage les traits du héros de "La bête qui meurt", Zoé se montre bien moins farouche que la prude Consuela ! Adepte de l'amour dans les cimetières, cette nouvelle lolita déborde en effet d'une libido effrénée, inépuisables malgré les étreintes répétées. Ce qui fait dire à Richard avec fatalisme : "J'en ai connu des pas commodes, des cinglées notoires, des excitées, mais Zoé fait vraiment partie de mon palmarès de folles furieuses."
Epuisé par cette "faim de coyote" débordante, le séducteur invétéré se sent lui-même menacé par la folie. Entre deux appels à son psy, il se perd régulièrement dans le labyrinthe de ses souvenirs, hanté par ses nombreuses maîtresses et sa femme, la froide Evelyn. La virée d'abord burlesque se teinte de mélancolie, nourrie des regrets de cet homme sur le déclin. Il fallait tout le talent d'Antonia Kerr pour avancer avec l'assurance d'un funambule sur ce fil ténu, entre comédie picaresque et quête de sens. Un défi loin d'être évident pour un premier roman, que l'auteure relève avec une aisance assurément déconcertante. Porté par une écriture vive, Antonia Kerr se livre à un joli exercice d'équilibre un roman des plus enthousiasmants.

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TRÉSORS LITTÉRAIRES

31 Juillet 2013 , Rédigé par Vanille LN

TRÉSORS LITTÉRAIRES

Cet ouvrage somptueux mériterait le titre de "Livre des Merveilles" tant il abrite de trésors de la Littérature française. Il se présente sous la forme d'une magnifique livre-coffret richement illustré et contenant : des lettres, des fac-similés, des manuscrits, des photos, des dessins, des croquis, etc.
Car si la littérature française est un patrimoine qui s'est constitué au fil de l'Histoire, tandis que, "comme une chaîne jamais rompue, la succession des écrivains répond à celle des époques, son histoire tient tout autant à une aventure "matérielle" et mystérieuse voire quasi secrète : celle qui parcourt les brouillons, les manuscrits, les premières éditions, les correspondances d'écrivains. Avant de s'offrir aux lecteurs, de devenir un classique, de traverser le temps et l'espace, un livre est tout d'abord un objet, dont la création, la fabrication, l'édition, la diffusion reflètent tout autant que le texte la vie intime d'u auteur.

Au fil des quelques deux cents pages de cet ouvrage unique, le lecteur part à la rencontre d'une cinquantaine d'écrivains français, replacés dans le contexte culturel qui fut le leur. Il a bien fallu faire des choix, et ont été gardés ceux dont "la postérité semble le mieux assurée à la lumière de notre goût d'aujourd'hui". En effet, des écrivains considérés de nos jours comme des classiques absolus n'étaient pas tant reconnus à leur époque... Ils sont présentés par ordre chronologique afin de rendre compte au mieux de l'évolution des sensibilités et des débats esthétiques. Le corpus d'images et de documents témoignent quant à eux concrètement et superbement de ce qu'est la création littéraire.
Riche, foisonnant et passionnant, cet ouvrage nous propose une approche sensible et subtile de l'esthétique intime des auteurs, du "mouvement des mots qu'ils ont jetés sur le papier"...
Il serait exagéré de dire que tous ces écrivains présentés n'ont plus de secrets pour nous, et c'est mieux ainsi. "Les lire et les relire, non seulement ne lève pas tous leurs secrets mais en ajoute d'autres. C'est ce qui rend la littérature si passionnante."

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La vie n'est qu'une succession de repos et de déséquilibres dont l'ordre n'obéit à aucune nécessité...

31 Juillet 2013 , Rédigé par Vanille LN

La vie n'est qu'une succession de repos et de déséquilibres dont l'ordre n'obéit à aucune nécessité...
Lou Bertignac est une enfant surdouée. A 13 ans, elle est déjà au lycée et se retrouve complètement en décalage par rapport au monde qui l'entoure, du fait de sa précocité mais aussi de sa vie de famille, marquée par un traumatisme avec la mort subite de Thaïs. La mère de Lou ne s'en est d'ailleurs jamais remise et a démissionné de la vie en s'isolant dans son propre monde, peut-être pour ne plus jamais prendre le risque de souffrir. Lou est une jeune fille qui se pose beaucoup de questions farfelues, très curieuse, et surtout une grande rêveuse. Elle aussi, elle vit un peu dans son monde, et manque de confiance en elle lorsqu'il s'agit de revenir sur Terre. Un jour, Lou doit trouver une personne sans domicile fixe, une femme, afin de l'interroger pour un exposé à l'école. Et ça tombe bien : le destin va la mener à rencontrer No, une jeune sans abri âgée de 18 ans. Lou l'invite régulièrement à boire des coups et peu à peu, leurs discussions vont au-delà de l'interview prévue. Les jeunes filles s'apprivoisent, s'attachent l'une à l'autre... Mais peut-on vraiment lutter contre toute la violence de la vie? Lou est-elle vraiment de taille à sauver No, brisée par celle-ci?


Lou Bertignac est une adolescente surdouée, intellectuellement en avance sur les élèves de sa classe qui ont donc tous deux ans de plus qu'elle...Et même si elle est toujours en tête des classements, ces deux ans d'écart sont difficiles parfois à assumer. Alors, la différence et le sentiment d'exclusion, Lou connaît bien...
" Depuis toute la vie je me suis toujours sentie en dehors, où que je sois, en dehors de l'image, de la conversation, en décalage, comme si j'étais seule à entendre des bruits ou des paroles que les autres ne perçoivent pas, et sourde aux mots qu'ils semblent entendre, comme si j'étais hors du cadre, de l'autre côté d'une vitre immense et invisible. "
En classe, elle déteste particulièrement prendre la parole devant les autres. Alors, le jour où un professeur lui demande quel sujet d'exposé elle choisit, elle dit : "Les sans-abri." Avec sa sensibilité exacerbée, elle veut comprendre comment ils vivent, et comment ils en sont arrivés là... Elle rencontre No, une jeune SDF, 18 ans à peine. Et, alors que tout semble les séparer, il semble au contraire à Lou que quelque chose (leur solitude ? leur "marginalité"?) les rapproche, les unit... : " (...) On aurait pu j'en suis sûre dessiner un cercle autour de nous, un cercle dont je n'étais pas exclue, un cercle qui nous enveloppait et qui, pour quelques minutes, nous protégeait du monde. "

No sonne comme "non", comme "nothing"... No en fait s'appelle Nolwenn, elle vit - survit - dans la rue. Elle n'a aucun où aller, sauf parfois chez une "copine" qui la supporte de moins en moins. L'échange est difficile, No est sur la défensive, butée, elle souffre en silence et ne veut pas l'admettre...
Malgré cela, Lou parvient à la rencontrer, dans un café où No accepte de se rendre. Peu à peu, elle se laisse approcher, atteindre, apprivoiser, d'abord en silence, puis dans des confidences parcimonieusement distillées. " Et notre silence est chargé de toute l'impuissance du monde, notre silence est comme un retour à l'origine des choses, à leur vérité. ".
Du haut de ses quatorze ans, Lou, mieux que les adultes indifférents, mesure l'ampleur désolante de la lâcheté, et l'ironie de notre monde, capable de mettre des satellites en orbite tout en laissant des gens dormir, et parfois crever, dans la rue.
Alors avec Lucas, un garçon de sa classe, tout sauf précoce, mais à sa manière différent lui aussi, ils vont tenter de rompre le cercle vicieux et sauver No du naufrage. Mais suffit-il d'une main tendue et d'un cœur ouvert...?
On ne peut en dire davantage, il faut en découvrir le déroulement par la voix de sa narratrice, la petite Lou. L'écriture sensible et subtile de Delphine de Vigan nous donne l'impression de l'entendre parler à travers ces pages, présente, hésitante, mature et gamine à la fois, révoltée face à la faiblesse des adultes. Elle est joliment battante, touchante, et nous incite par ses réflexions tellement sensées à nous interroger sur nos propres attitudes.
Un seul impératif : "Ne renoncez pas".
On est happé par cette histoire si juste et si bouleversante qui nous rappelle que "nul n'est à l'abri..." A l'abri de l'indifférence, de l'incompréhension, de la lâcheté des autres aussi...
" Dans les livres il y a des chapitres pour bien séparer les moments, pour montrer que le temps passe ou que la situation évolue, et même parfois des parties avec des titres chargés de promesses, La rencontre, L'espoir, La chute, comme des tableaux. Mais dans la vie il n'y a pas de titre, pas de pancarte, pas de panneau, rien qui indique attention danger, éboulements fréquents ou désillusion imminente. Dans la vie on est tout seul avec son costume, et tant pis s'il est tout déchiré. " Et c'est pour cela aussi que la littérature est précieuse : pour nous aider à vivre même avec un costume déchiré...

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CETTE LUMIÈRE SECRÈTE VENUE DU NOIR

31 Juillet 2013 , Rédigé par Vanille LN

CETTE LUMIÈRE SECRÈTE VENUE DU NOIR
"Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.
Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence."

Dans son dernier roman, "Rien ne s'oppose à la nuit", Delphine de Vigan nous offre une plongée bouleversante au coeur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis. Ce sont toutes nos vies, nos failles et nos blessures quelle déroule ici avec force.

Delphine de Vigan est notamment l'auteur du best-seller "No et moi", plus de 400 000 exemplaires vendus toutes éditions Prix des Libraires 2008, adapté au cinéma par Zabou Breitman, et des "Heures souterraines" (2009), près de 100 000 exemplaires vendus en édition première et traduit dans le monde entier.

"Ma mère était morte depuis plusieurs jours... Alors j'ai demandé à ses frères et sœurs de me parler d'elle, de me raconter. Je les ai enregistrés, eux et d'autres, qui avaient connu Lucile et la famille joyeuse et dévastée qui est la nôtre...Et puis, comme des dizaines d'auteurs avant moi, j'ai essayé d'écrire ma mère."

Alors Delphine de Vigan se lance dans cette (en)quête, interroge, cherche, rassemble, trie les documents écrits, les photos, les témoignages... Elle veut comprendre comment cette femme, sa mère, intelligente, si belle, douloureuse et lointaine, si fragile, "mélange de beauté et d'absence", a fini par vouloir mourir seule, sans ses filles.
Cette quête longue, douloureuse, âpre, replonge Delphine de Vigan au creux de sa propre famille maternelle : les souvenirs remontent à sa mémoire, et l'entraînent dans l'histoire de cette famille nombreuse, bourgeoise, malheureuse mais unie face aux tragédies qui la bouleversent, tout en étant minée par de lourds secrets...
Comme une petite mosaïque, l'histoire de la famille se compose peu à peu, chaque personnage de cette famille romanesque prend sa place et au fil des jours, l'auteure pressent qu'elle va dévoiler des secrets, des clés qui pourraient, peut-être, expliquer cette incapacité qu'avait sa mère à aimer et à être aimée. Et à cause de cela, s'interroge sur sa légitimité à fouiller dans des vies qui ne lui appartiennent.
"Ai-je le droit d'écrire que ma mère et ses frères et sœurs ont tous été, à un moment ou un autre de leur vie(ou toute leur vie) blessés, abîmés, en déséquilibre... Ai-je le droit d'écrire que Georges a été un père nocif, destructeur et humiliant... Ai-je le droit d'écrire que Liane n'a jamais pu ou su faire contrepoids, qu'elle lui a été dévouée comme elle l'était à Dieu, jusqu'au sacrifice des siens..."
Delphine de Vigan nous donne donc à lire, en même temps que les faits patiemment reconstitués et les certitudes peu à peu conquises, l'ensemble bien plus considérable, écrasant et inatteignable des doutes, des mystères, des impasses, ces "replis secrets" de la psyché de sa mère, que l'écriture, malgré tout, ne parvient pas à sonder et à comprendre.
Dans ce roman intranquille, opiniâtre, affectif et âpre, empreint d'une vraie justesse, où l'émotion point à chaque page, qui plonge au coeur de la mémoire familiale, Delphine de Vigan nous offre un témoignage pudique des fêlures de l'existence, qui fait resurgir les souvenirs les plus lumineux comme les secrets les plus sombres et les plus enfouis. La plume sensible de l'auteure est un alliage rare entre expansivité, partage, tendresse et pudeur, non dénuée d'un certain humour qui lui permet de déceler le comique masqué dans les épisodes les plus tragiques... Un récit sensible et intime, à la fois solaire et sombre, à la fois dense et sidérant qui avance en eaux troubles, tandis que "se dessine, peu à peu, un long chemin d'écriture, empli de doutes, d'hésitations et d'errances narratives. Un chemin sinueux mais tendu par la force d'un amour, d'un élan vital."

CETTE LUMIÈRE SECRÈTE VENUE DU NOIR

À LIRE AUSSI, DE DELPHINE DE VIGAN :

JOURS SANS FAIM

NO ET MOI

LES HEURES SOUTERRAINES

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"LA DIGNITÉ HUMAINE EST INVIOLABLE"

31 Juillet 2013 , Rédigé par Vanille LN

"LA DIGNITÉ HUMAINE EST INVIOLABLE"

Un tout petit recueil de textes marquants, choquants, édifiants, d'un Edit de Louis XIV en 1685 sur les esclaves des îles de l'Amérique à la Loi du 21 mai 2001 reconnaissant l'esclavage comme un crime contre l'humanité, de la Convention relative à l'esclavage de la SDN en 1926 à la Charte des Droits fondamentaux de l'Union européenne du 7 décembre 2000, qui disent toute la violence exercée, tous les crimes perpétrés contre les Noirs pour la seule et unique raison qu'ils sont Noirs, et toutes les tentatives pour que les esclavages cessent à jamais. Des pratiques dont on peine à croire qu'elles aient pu trouver pendant tant de siècles des justifications admises et transmises. Des pratiques qui, si elles ont disparu sous leur forme "coloniale", perdurent encore et toujours sous d'autres formes, dans d'autres pays, avec d'autres justifications, envers d'autres hommes auxquels on ne reconnaît même pas ce nom. Toutes les conventions et toutes les lois n'ont pas encore fait disparaître, loin s'en faut, toutes les atteintes à la liberté et à la dignité humaine dans le monde. Ce petit livre noir de la honte et de la lutte est aussi là pour nous rappeler que le combat pour la liberté et contre les asservissements de toutes sortes doit continuer, encore et toujours. Pour que partout soit proclamé et reconnu que "la dignité humaine est inviolable."

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DÉSIR DE VIVRE

31 Juillet 2013 , Rédigé par Vanille LN

DÉSIR DE VIVRE

Laure a 19 ans. Elle a froid, terriblement froid. Elle tient à peine debout. Elle est arrivée au bout de ses forces. Alors quand un médecin l'appelle pour parler, pour lui proposer un rendez-vous, pour lui dire qu'il ne reste plus beaucoup de temps pour qu'elle puisse s'en sortir, elle accepte de le rencontrer. Elle se rend plusieurs fois à sa consultation. Jusqu'au jour où, prostrée contre le radiateur, emmitouflée dans plusieurs pulls, elle sent que le froid l'habite de plus en plus, que la mort est en train d'envahir son corps. Elle demande alors à être hospitalisée, en urgence. Elle n'est plus, selon ses mots, "qu'un sac d'os sur un lit d'hôpital". Commence alors une lutte de chaque instant, une lutte de tout son corps, de toute son âme pour réapprendre à manger et à vivre. Elle raconte les angoisses, la panique que procurent la nourriture, les kilos, la terrible épreuve de la balance, les douleurs de la renutrition. Elle comprend peu à peu pourquoi elle en est arrivée là. Et elle sait qu'elle doit s'en sortir, qu'elle doit prendre du poids, qu'elle doit renoncer à s'affamer et guérir. Mais ce qui paraît si simple et si naturel, manger, est pour elle tellement compliqué, tellement difficile. Vivre lui est un effort. On la suit durant ces mois d'hospitalisation, dans ses efforts et ses abandons, dans ses rechutes et ses victoires. Elle a peur d'en sortir et peur de ne pas en sortir. Elle a peur de l'avenir, elle qui a tout fait pour disparaître, pas pour mourir, juste pour s'effacer, petit à petit, elle qui ne sait plus comment on fait pour vivre. Mais pas à pas, elle va se reconstruire, avec l'aide d'un médecin formidable qui la prend en charge, qui comprend sa souffrance, qui sait que ce n'est pas seulement une histoire de nourriture. Grâce à lui, avec du temps, du courage, elle va parvenir à s'en sortir, de cette prison de l'anorexie. A redonner vie à son corps martyrisé et affamé. A retrouver la force d'exister. A être en paix avec elle-même et avec le monde. A retrouver le désir de vivre, jusqu'à donner la vie... Un livre poignant, bouleversant, intense, pudique et sensible.

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HORS DU COMMUN

31 Juillet 2013 , Rédigé par Vanille LN

HORS DU COMMUN

Roman culte des années 80, "Le Monde Selon Garp" raconte le destin exceptionnel, sous une fausse apparence de banalité, d'un des personnages les plus surprenants et les plus attachants de la littérature contemporaine. Le livre s'ouvre sur la conception de Garp, résultat de la brève étreinte entre Jenny Fields et le sergent S.T Garp, aviateur doué et mortellement blessé. Elle, infirmière émérite et porte-drapeau involontaire du féminisme, a voulu faire un enfant mais sans s'encombrer du géniteur. Lui, militaire estropié catalogué par Jenny comme étant "foutu", sera le géniteur idéal puisque bientôt mort n'aura de compte à demander à personne.
"Le monde selon Garp" mélange habilement autobiographie et fiction en romançant l'histoire de cet homme traversant la vie doté du fardeau aussi pesant qu'aimé de sa mère...
Couvé par l'amour possessif de sa mère, Garp passe sa jeunesse à Steering school et découvre alors son goût pour l'écriture tout en pratiquant la lutte avec le professeur Ernie Olmes. Devenu adulte, il part en Autriche avec sa mère pour "s'imprégner de la profondeur des choses" et s'engage dans la voie de l'écrit avec "La pension Grillparzer", avant de revenir chez lui pour épouser la fille d'Ernie, Helen.
Irrémédiablement marqué par l'impact psychologique de sa mère et ses engagements auprès des femmes, Garp va connaitre des épreuves à la fois terribles mais aussi étrangement passionnantes et touchantes. Irving alterne dans ce roman fiction et autobiographie en insérant subtilement des extraits et nouvelles de son personnage, Garp. Ce dernier est un personnage véritablement attachant, mari et père aimant, pleinement conscient de ses faiblesses. Infiniment lucide, sa vision des évènements et du monde est d'une acuité rare, faisant de ses écrits le reflet de sa vie sans qu'il puisse en mesurer et en contrôler la portée.
John Irving excelle dans l'art de transformer les instants de la vie quotidienne en aventures fantastiques et loufoques. Par ses romans, il nous entraîne dans un monde onirique, peuplé de personnages baroques, originaux et pittoresques, tout en nous submergeant d'émotions, alternant entre rire et larmes.
Véritable conte moderne, "Le Monde selon Garp" est un livre décalé qui bouleverse les rapports humains, bouscule les idéaux et chamboule les a priori. L'imaginaire flirte avec le réel pour offrir au lecteur un univers original et magique.

L'AUTEUR

John Irving est né en 1942 et a grandi à Exeter (New Hampshire). Avant de devenir écrivain, il songe à une carrière de lutteur professionnel. A vingt ans, il fait un séjour à Vienne. Puis, de retour en Amérique, il travaille sous la houlette de Kurt Vonnegut Jr à l'Atelier d'écriture de l'université de l'Iowa. Premier roman en 1968 : Liberté pour les ours! suivi de L'Epopée du buveur d eau et d'Un mariage poids moyen. La parution du Monde selon Garp est un événement et lui assure la renommée internationale. Dès lors, l'auteur accumule les succès tant auprès du public que de la critique. je te retrouverai est son onzième roman. Marié et père de trois garçons, John Irving partage son temps entre le Vermont et le Canada.

À LIRE AUSSI, DE JOHN IRVING :

LES TRÉSORS DE MOZART

DERNIÈRE NUIT À TWISTED RIVER

À MOI SEUL BIEN DES PERSONNAGES

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LE DEUIL IMPOSSIBLE

31 Juillet 2013 , Rédigé par Vanille LN

LE DEUIL IMPOSSIBLE

Parce que "la vérité est qu'il ne reste rien de [leur] fils". Parce qu'il se demande si son fils Eugène a existé même s'il n'a pas vécu, ou si peu. Parce que le tsunami qui a en silence renversé leur vie a tout dévasté. Parce que sa femme s'est murée dans le silence, "comme si elle avait laissé le son de sa voix dans le berceau du petit". Parce qu'il n'y a rien de plus à dire que la mort de ce tout-petit être, la douleur, le manque que rien ni personne ne pourra jamais combler. Mais parce qu'il faut quand même bien recommencer à vivre, un tout petit peu, doucement, progressivement, le narrateur de ce livre magnifique, poignant, bouleversant entreprend d'écrire la brève histoire de ce bébé mort trop vite. Mais comment raconter l'histoire de son fils, "l'infinitésimale histoire du tout-petit Eugène" ? Le narrateur, qui ne sera jamais nommé, s'exprimant à la première personne pour mieux nous emporter dans son récit et ses tentatives pour continuer à "porter son fils", douloureusement conscient que "si plus personne n'en parle, Eugène ne sera plus." Il se fait un devoir parental, conjugal, de raconter le fils pour redonner des mots à la mère. Mais il y a un écueil, un terrible écueil : la toute petite vie de son tout-petit tient en quelques 3527 caractères. Pas de quoi combler un vide. D'Eugène, il n'y aurait donc rien, que du chagrin ? Les jours passent et en butte à d'inlassables échecs, le narrateur décide alors d'inventer à son fils l'avenir qu'il n'aura jamais, toutes les vies extraordinaires qu'il aurait pu, qu'il aurait dû avoir, tandis que sa femme, en silence, coud sans fin des pantalons en velours rouges de toutes les tailles de tous les âges de la vie... Autour d'eux, il faut encore affronter le désarroi des proches, leur maladresse, la quasi-indifférence de certains, la pitié inutile des autres, le spectacle de la vie qui continue pour tout le monde. Sauf pour eux. Isabelle Monnin nous place dans le coeur et la tête de ce papa brisé. Dans son récit, la tristesse est omniprésente et pourtant jamais plombante. L'histoire est dure mais le narrateur parvient à mettre un peu de légèreté dans la douleur grâce à l'humour dont il fait preuve quand il raconte son incroyable "entreprise". Le ton est extrêmement juste, l'écriture est simple, sincère, profondément touchante sans jamais tomber dans le pathos. La lettre de la maman, seule "parole" que l'on entend d'elle, est un cri de douleur mais surtout d'amour à son "petit éphémère" ; les larmes nous envahissent. On comprend que sa vie et celle de son mari seront à jamais un exercice de funambule sur le fil de l'existence pour avancer chaque jour pas à pas. Parce que dans cette vie "tout y sera à part [lui]".

À LIRE AUSSI, D'ISABELLE MONNIN

SECOND TOUR OU LES BONS SENTIMENTS

✽ Tous ses articles dans LE NOUVEL OBS

DAFFODIL SILVER

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PERSÉVÉRANCE DU RÉEL

31 Juillet 2013 , Rédigé par Vanille LN

PERSÉVÉRANCE DU RÉEL

Léopold Fleury est l'archétype même de l'anti-héros. Son CDD se termine et, à 27 ans, il ne semble avoir aucune perspective d'avenir même si il pense que son roman va être publié, qu'il va rencontrer le succès et qu'il va pouvoir mettre dans son lit toutes les belles filles sur lesquelles il fantasme. Sans perspective d'avenir, il a du mal à trouver sa place dans un monde où la réussite sociale compte plus que tout. Il a fait des études et obtenu des diplômes mais ne possède pas de compétences qui puissent lui servir sur le marché du travail. Le jour où, contre toute attente, il décroche un job chez GL Média, il pense que c'est le début du bonheur. Il pense avoir réussi à décrocher ce travail grâce à ses nombreuses qualités et à son CV mais il n'en est rien. Léo n'est qu'un pion que certains déplacent sur l'échiquier... un pion qui aspire toujours à ses rêves. Et Léo se retrouve embarqué dans une histoire qui dépasse toute réalité. Il se trouve mêlé malgré lui à un sombre histoire au sein d'une société secrète à laquelle appartenait également un très proche ami, perdu de vue depuis quelques temps. C'est le début d'une véritable descente aux enfers. Roman ou polar ? Un mélange des deux qui est bien réussi ! Pourtant, Léo a tout pour agacer : pédant, arrogant, exaspérant Même lorsqu'il se retrouve en situation précaire, Léo joue au mythomane et s'enferme dans ses rêves, confondant ses désirs et la réalité, une dure réalité du quotidien décrite avec un humour acéré ! Car mine de rien, ce livre porte sur notre société et rien n'est laissé de côté. Tout y passe : le travail, l'écologie, le pouvoir, le paraître... On ne saurait résumer une intrigue intense et foisonnante qui va de rebondissements en rebondissements tout en abordant en passant de nombreux sujets de réflexion avec finesse et subtilité. l'humour vif, sans concession sur ce qui nous entoure. L'ensemble, en tout cas, est largement réussi : aucun temps mort, un style impeccable, une plume superbe et acérée qui mêle magnifiquement ironie mordante et sérieux tragique, fantasme et réalité, le tout avec un ton d'une délicieuse impertinence ! De quoi nous donner envie de découvrir les n° 2 et 3 de ce brillant auteur...

PERSÉVÉRANCE DU RÉEL

L'AUTEUR

De sources sûres, Erwan Larher serait né dans le centre de la France – hasard d’une affectation militaire paternelle. Enfant, son anniversaire est toujours tombé au beau milieu des vacances d’été, ce qui explique peut-être la colère qui sourd en lui. Aujourd’hui, il a toujours la même date de naissance, mais il écrit. Il écrit, aime-t-il à répéter, pour changer le monde, même s’il sait la démarche désuète et, semble-t-il, vouée à l’échec. Il écrit, se plaît-il également à expliquer, parce qu’il faut transmettre et partager, interroger l’humain et la société, sans relâche, exigeants. Pour les amateurs de faits et de chronologie, notons qu’à 14 ans, il commence son premier roman, à la main et dans un cahier Calligraphie marron. Il écrit également des poèmes, exutoires à des amours décevantes et/ou complexes, comme il est de rigueur de les vivre au crépuscule de l’adolescence. À 21 ans, il ose envoyer son quatrième roman à quelques éditeurs ; il récolte des avis encourageants puis fait, quelques années plus tard – et sans relation de cause à effet –, fructifier ses longues études en occupant une position enviable dans l’industrie musicale. Il écrit alors la nuit, ce qui n’est pas toléré avec la même souplesse par toutes ses petites amies. Un jour, suite à ce qui pourrait ressembler à une crise de la trentaine, il quitte le monde coruscant du marketing musical afin de pouvoir redoubler d’écriture. Pari finalement payant : "Qu’avez-vous fait de moi ?" est publié en août 2010 et son second roman , "Autogenèse", en janvier 2012. Il vient de publier en janvier 2013 "L'Abandon du mâle en milieu hostile" chez Plon.

Bibliographie : - L'Abandon du mâle en milieu hostile, 2013 - Autogenèse, roman, Editions Michalon, 2012 - Qu’avez-vous fait de moi ?, roman, Éditions Michalon, 2010 - Dégats d’ego, théâtre, Bouffon Théâtre Paris, avril 2006 (MeS : Eric Hénon) - ShowBiz’, théâtre, Bouffon Théâtre Paris, mai 2003 (MeS : Emilie Le Canu) - Bouffon Théâtre Paris, déc 2002 (MeS : Nick Millet) - Lignes de fuite, textes autour du travail de la photographe Dorothy-Shoes, 2007-2008 (Expositions à travers la France et en Indonésie, parution dans la revue "Mercure Liquide") Chansons pour divers artistes depuis 2002

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