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AU PAYS DES MOTS

9 Août 2013 , Rédigé par Vanille LN

AU PAYS DES MOTS

Les parents de Jeanne et Thomas, incapables de vivre ensemble, ont pris la décision de vivre chacun d'un côté de l'Atlantique. Les deux enfants de 10 et 14 ans ont donc de fréquentes occasions de voyager. Plutôt par bateau, sous prétexte que les avions, ça s'écrase au décollage. Le problème, c'est que les bateaux, s'ils ne risquent pas le crash, ils peuvent faire naufrage. Surtout quand l'océan est pris d'une violente tempête...
Jeanne et Thomas, les deux seuls rescapés du naufrage, échouent sur une île paradisiaque. Sains et saufs. Ou presque, puisqu'ils sont devenus muets."La tempête (leur) a arraché tous (leurs) mots." Sont-ils sur une île déserte, petits Robinsons perdus ? Heureusement non !Ils sont recueillis par monsieur Henri, petit bonhomme basané en costume clair et panama, qui a une si belle façon de gratter sa guitare pour jouer des berceuses, des chansons douces, et son neveu, "un ado géant, habillé de couleurs criardes", un grand noir aux grands yeux verts. Ils entraînent Jeanne et Thomas dans une visite guidée de l'île, en commençant par le marché aux mots, où les poètes trouvent des rimes inédites, où les amants cherchent des mots d'amour, où les curieux se penchent sur les étymologies. L'après-midi, ils partent pour une promenade en pirogue : un îlot désert, brûlé "comme une galette des rois trop longtemps laissée dans le four". "Un plateau rocheux marron foncé, détergé, délavé, récuré". Une terre désolée où les gens avaient oublié de nommer les choses : "à force de n'être jamais appelées, elles sont devenues tristes, de plus en plus maigres, et puis elles sont mortes. Mortes, faute de preuves d'attention ; mortes, une à une, de désamour". Jeanne et Thomas apprennent ainsi de monsieur Henri que "vingt-cinq langues meurent chaque année. Elles meurent, faute d'avoir été parlées. [...] Voilà pourquoi les déserts peu à peu nous envahissent". Heureusement, monsieur Henri est là ; et la nommeuse, qui redonne vie aux choses en les nommant ; et l'hôpital des mots ; et l'usine à faire des phrases. La belle aventure continue, malgré la sinistre madame Jargonos, le triste roi Nécrole et ses hélicoptères de combat...
Erik Orsenna est un conteur magicien qui réconciliera sans peine les plus récalcitrants avec la grammaire... En mettant en scène ce passeur de mots souriant et musicien, en nous invitant à ce joli voyage au pays de la langue française, il nous fait entrer dans un monde magique où les mots chantent, dansent et virevoltent. Un récit plein de poésie et de douceur, accompagné de superbes dessins...

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