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LIKE A ROLLING STONE

31 Juillet 2013 , Rédigé par Vanille LN

LIKE A ROLLING STONE

On le savait poète, on l'aime musicien, il est une légende de la Folk Music. Et grâce à ses "Chroniques", on le découvre, avec bonheur et admiration, talentueux écrivain. Si d'aucuns ont prétendu qu'il n'aurait pas écrit cette autobiographie lui-même, la structure, la composition du livre viennent contredire cette rumeur stupide nourrie de préjugés sans fondement. Car Dylan est la preuve que ce n'est pas parce qu'on est un génial musicien qu'on ne peut pas aussi être un bon écrivain.
Le livre s'ouvre sur l'année 1961, lorsque le jeune Dylan, qui s'appelait encore Robert Zimmerman, âgé de 20 ans, quitte son Minnesota natal pour débarquer à New York, plus précisément à Greenwich Village avec le désir de jouer avec tous les grands de la folk-music. Mais avant de vivre de la musique et de tutoyer le succès, il doit d'abord affronter le froid hivernal, la galère des squats, l'alternance de doutes et de certitudes jusqu'à ce qu'il rencontre, enfin, les personnes qui lui feront signer ses premiers albums. Le récit bondit ensuite à la fin des sixties - l'époque du doute, à nouveau - puis en 1987, année marquante de la rencontre avec le producteur Daniel Lanois et de l'enregistrement de "Oh Mercy". Le dernier chapitre revient aux années 1960 puis évoque l'enfance du jeune Robert Zimmerman, fils d'un comptable de la Standard Oil.
Aucun pathos, aucune nostalgie. Dylan se raconte avec une distance parfois teintée d'humour, parfois rageuse, mal à l'aise, agacé par les honneurs et les fanatiques qui veulent faire de lui "l'expression authentique de la conscience perturbée et inquiète de la jeune Amérique" ou un prophète.
Après un premier accident de moto, il se réfugie à Woodstock, espérant échapper au mythe qui l'a sacré "Frère aîné de la rébellion, Pape de la contestation, Tsar de la dissidence, Leader des écornifleurs"... Cela le dérange au point qu'il envisage même un temps de tout plaquer pour recommencer une autre vie. Heureusement, il n'en a rien fait et continue aujourd'hui, à plus de 70 ans, de faire vivre de façon unique la folk music...

Cette autobiographie est également une sorte de roman d'apprentissage plein de vie. Dylan a la chance de croiser dans les clubs où il se produit des personnages tels que Woody Allen, Lenny Bruce, Karen Dalton, Dave Van Ronk, Harry Belafonte. C'est aussi un très grand et éclectique lecteur de Dostoïevski, Tchekhov, Balzac, Clausewitz, Homère, Thucydide. Il fréquente les musées pour admirer Picasso, Rubens, Goya, Red Grooms. Dylan a soif de savoir, de culture. Fasciné par Woody Guthrie, il se rend néanmoins conscience que cette folk music qui l'a nourri, qui l'a inspiré est désormais dépassée, qu'il lui faut évoluer pour lui donner une autre dimension, un autre son, une autre dynamique.
Ces "Chroniques" sont aussi celles de la musique populaire américaine du XXe siècle. En bon compositeur, Bob Dylan réunit Thelonious Monk, Rickie Nelson, Joan Baez et les Beatles pour retranscrire la musique de sa vie.
C'est riche, passionnant, vibrant, vivant, musical et littéraire. C'est le Tome 1. On attend avec impatience les suivants.

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