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UNE BELLE ÉQUATION

1 Août 2013 , Rédigé par Vanille LN

UNE BELLE ÉQUATION

Comme neuf employées avant elle, la narratrice est envoyée par son agence de placement pour devenir l'aide-ménagère d'un ancien professeur. Suite à un accident survenu une trentaine d'années auparavant, la mémoire immédiate du vieil homme est comme un disque dur dont on écraserait les données toutes les quatre-vingts minutes.
Malgré toutes les petites notes en mots ou dessins épinglées par le professeur sur sa veste pour remédier à son handicap, la jeune femme doit se présenter à nouveau chaque matin à son employeur, déstabilisé par la présence chez lui de cette personne qu'il ne reconnaît pas. Elle-même ressent une grande perplexité lorsque, une fois les présentations (re)faites, il la questionne sur sa pointure, sa date de naissance, le poids qu'elle faisait à sa naissance... Autant de questions qui lui sont essentielles pour revenir dans l'univers sécurisant de la passion de sa vie : les chiffres et les formules mathématiques, la poésie des mathématiques et la magie des nombres premiers, dans lesquels réside la présence de Dieu selon le professeur C'est par le biais de cette unique constante qu'il parvient à rentrer en contact avec les gens qu'il rencontre et à faire face à sa détresse de grand mathématicien si diminué que certains le prendraient pour un fou...
Sa seconde passion, le baseball, le professeur va la partager avec Root, le jeune fils de son aide-ménagère, âgé de dix ans. Même si la mémoire du professeur est restée bloquée sur le joueurs d'il y a trente ans, le jeune garçon perçoit qu'il faut jouer le jeu, ne pas mettre le vieil homme en défaut ; peu importe le nom des joueurs, seule compte la passion, le fait de vibrer aux actions de son équipe et aux "no hit no run"...
Yoko Ogawa nous offre avec ce roman la vision d'un lien subtil, patiemment tissé, peu à peu créé entre des êtres exclus, des solitudes qui découvrent ensemble le respect, le partage, les affectueuses attentions, la complicité. L'enfant est tout à la fois source de joie, symbole d'innocence et porteur de promesses d'avenir ; le vieil homme, isolé dans sa propre tête, coupé du monde par son infirmité, reprend goût à la vie ; la femme, la mère, se révèle être la tricoteuse d'une amitié profonde, vraie et indissoluble entre eux trois... On goûte avec bonheur à la sérénité, à la plénitude de ces petits moments de partage humbles mais essentiels de la vie qui constituent une équation simplement parfaite.

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